Actu adhérent : Le cabillaud « tout frais » de la Compagnie des pêches

On y trouve des produits, en quasi exclusivité, et à un prix très intéressant. Normal. L’approvisionnement s’effectue en circuit court : il y a une petite centaine de mètres entre le quai de débarquement des navires et le magasin. Petite immersion dans ce magasin qui vaut le détour.

C’est un lieu qui existe depuis 24 ans. Mais tous les Malouins ne le connaissent pas forcément. Et pourtant, pour ceux qui aiment le poisson, comme le cabillaud, c’est un endroit incontournable : le magasin de la Compagnie des pêches de Saint-Malo. Il n’est pas compliqué à trouver : sur le quai Duguay-Trouin, juste en face du grand bâtiment servant de bureaux à l’entreprise.
Les anciens ne s’y trompent pas. Ils sont nombreux à en franchir le seuil, chaque jour, pour venir s’approvisionner.
Mais qu’y trouve-t-on ? « 50 % du chiffre d’affaires du magasin, c’est ce qui est fait sur la Grande Hermine », explique Martine Edouard, la responsable des achats/marketing. Pour rappel, la Grande Hermine, c’est le bateau vert de la compagnie [le bleu, c'est le Joseph Roty, qui fabrique du surimi base - Ndlr].

« 4 heures, après être sortis de l’eau, les poissons sont préparés »
Ce ne sont pas des poissons « entiers » qui débarquent. Car il s’agit de navires usine. Ainsi, sur la Grande Hermine, les poissons sont immédiatement préparés : « En l’espace de 4 heures, après avoir été remontés à bord, les poissons sont étêtés, équeutés, vidés. Leur peau est enlevée. Ils sont ensuite filetés un à un, à la main ». Et voilà comment sont préparés des filets de cabillaud, aiglefin et colin-lieu (les trois espèces pêchées principalement par le navire), pêchés en mer de Norvège, on ne peut plus frais : « Les filets sont ensuite glissés dans une pochette et mis dans une boîte. Puis les boites, de 1 ou 2 kg, sont surgelées ». Environ 600 000 boîtes par an sont ainsi préparées par les pêcheurs sur le bateau, sachant qu’ils effectuent deux campagnes de trois mois chaque année et qu’ils sont 39 marins à bord. En tout, ils préparent à peu près 1500 tonnes de filets ou de dos par an. Au passage, ça donne une idée de l’ampleur du travail à bord…
Ce sont ces fameuses boîtes que viennent chercher les particuliers. Ainsi que certains professionnels. « Certains filets sont conditionnés dans des plaques de 7 kg et congelées. Elles sont surtout destinées à des home et free center, comme Picard, Toupargel… Après, ils les conditionnent à leur façon ».
Certains filets sont aussi mis sous vide, directement à bord. « L’avantage, c’est avant tout la praticité puisqu’on a plus qu’à les mettre au micro-onde ou dans de l’eau bouillante. Et encore une fois, cela est effectué alors que les poissons sont à peine sortis de l’eau. On ressent donc toute leur fraîcheur quand on les mange. Et ce procédé, il n’y a que notre bateau à le faire, en sac de 1 ou 2 kg ».

Joues de morues et morue salée au menu
Parfois, on a aussi droit à des morceaux de choix : « Quand ils ont le temps, les marins préparent des joues de morues, par exemple ». Ou encore de la morue salée, à l’ancienne. « Ils ne sont plus que 2 ou 3 à savoir le faire encore à bord. Là encore, ils la préparent quand ils ont un peu de temps. Généralement, on arrive à en avoir 2 à 3 tonnes par an. C’est très recherché, en général par des Malouins, qui connaissent ce met depuis longtemps ». 
Certains morceaux sont plus rares que d’autres. Ou alors, ils sont vite partis et il faut revenir. Pas de soucis. Le mieux est alors de passer commande auprès de Monique Jan, qui s’occupe du magasin depuis son ouverture. 
Evidemment, le magasin propose aussi les produits de la gamme surimi. Là, il s’agit de ce qui est ramené par l’autre bateau, le Joseph Roty. A côté des produits de la compagnie, le magasin aussi a diversifié son offre. « Nous proposons plusieurs produits artisanaux locaux ou régionaux. Des idées pour l’apéritif par exemple, des poissons panés pour les enfants… A chaque fois, nous choisissons selon des critères de qualité ». 
Cette offre si particulière a su séduire au fil des ans de nombreux fidèles. Et ces habitués ne viennent pas seulement de Saint-Malo. « Il y a des Rennais, des gens des Côtes d’Armor et aussi beaucoup de Parisiens », souligne Monique. « Souvent, ceux-là viennent carrément avec une glaciaire, pour faire le plein ». En terme de choix et prix, certains ont vite compris que ce magasin valait le détour…

Article complet sur le site du Pays Malouin : http://www.lepaysmalouin.fr/